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Interview de Philippe Ariotti, la voix française de Freezer, Piccolo ou Le Grand Moineau de Game of Thrones

Film Written by on 23 min

À l’occasion du Geek Touch 2018, nous avons eu la chance de nous entretenir avec le comédien Philippe Ariotti que l’on connait notamment pour son travail sur Dragon Ball ou Game of Thrones.

Pause Geek : Est-ce la première fois que vous venez à Lyon pour cette convention ?

Philippe Ariotti : À Lyon je suis venu il y a très longtemps jouer au théâtre, à l’opéra.

Et que pensez-vous de cette convention ? Par rapport à Paris.

Eh bien c’est étonnant, c’est bien, c’est formidable, moi j’aime beaucoup. À Paris Manga j’y suis allé 3, 4 fois... Ici il y a beaucoup de monde, c’est très bien ici, on verra demain, parce qu’aujourd’hui il y a beaucoup de monde, c’est très sympathique, il y a toujours des jeunes très enthousiastes, très Geek et forcément toujours très poli et gentil et je l’avoue que j’apprécie beaucoup.

Mais d’une façon générale dans les conventions ils sont tous très bien, je n’ai pas de mauvaises surprises, je n’ai jamais eu de problème, que des gens gentils et bien élevés.

Image de Philippe Ariotti

On vous connaît tous pour avoir prêté votre voix à plusieurs personnages de la licence Dragon Ball et Dragon Ball Z, mais beaucoup moins pour votre carrière au cinéma, à la télé et au théâtre

Eh bien j’ai commencé il y a très longtemps (rire), beaucoup n’étaient pas nés et j’ai commencé par le théâtre, par le théâtre lyrique (chanté) c’est comme ça que je suis allé pratiquement dans les plus grandes villes de France et à Paris et Lyon justement, je suis allé il y a très longtemps, c’était pour une comédie musicale que j’avais créé à Paris et qu’on a donné au théâtre des Célestins pendant au moins une douzaine de fois après je suis retourné à l’opéra de Lyon, j’y ai joué une opérette qui s’appelle « L’auberge du cheval blanc », après j’y suis retourné pour « La vie parisienne », j’y suis retourné pour une création mondiale qui s’appelait « Cavalcade », Lyon je connais bien, j’y suis allé pour des galas puisque j’ai fait de tout, de l’opéra, de l’opérette, de la comédie musicale, du cabaret, j’ai tout fait pratiquement (rire).

Le doublage j’y suis venu assez tard finalement. J’ai commencé en 88, 89 pas avec Dragon Ball, mais presque. J’ai d’abord fait un stage de doublage parce que je n’en avais jamais fait, parce que c’est quand même assez difficile et du coup j’ai commencé à faire de petites choses dans le doublage. Pendant deux ans je suis resté sur Paris chez les chansonniers au théâtre des deux ânes et j’en ai profité pour faire un stage de doublage et après deux ans de deux Anne et bien j’ai commencé à faire du doublage, mais timidement, et presque tout de suite après est venu Dragon Ball, et comme ça marchait bien et que les dessins animés ça me convenait tout à fait, c’est comme ça que j’ai été mis dans la marmite des dessins animés et de Dragon Ball en particulier, qui a été une grande récompense puisque ça fait presque 30 ans que je le fais.

M’enfin je n’ai pas fait que ça bien entendu. Des doublages j’en ai fait à peu près, je ne sais pas, 3000, 3500 (rire). Rien que Dragon Ball, il doit y avoir 400 épisodes ou 500.

Image de Philippe Ariotti sur le stand Glénat lors du Paris Manga 2016

Diriez-vous que Dragon Ball a été un frein à la reconnaissance de votre carrière ? Puisque du coup vous avez été catalogué à Dragon Ball, il me semble que Eric Legrand et Brigitte Lecordier disent qu’ils ont été un peu enfermés dans des cases.

Vous savez, c’est le danger quand on fait quelque chose qui est bien et qu’on le fait avec tout son cœur, ça marche bien et on a tendance à nous enfermer dans un rôle, mais moi je ne pense pas que cela a été un frein dans mon parcours.

Vous savez, par exemple un illustre prédécesseur comme Roger Carel, qui a fait absolument tout, qui a fait du théâtre, qui a fait du cinéma, qui fait de la télévision et qui a fait énormément de doublage et dans ces doublages il y a des choses diverses, Kermit la grenouille, Alf, Benny Hill, enfin des choses très très très différentes et il n’a jamais été enfermé et moi je ne pense pas non plus avoir été enfermé dedans, car je pense avoir une voix caméléon, je me prête à beaucoup de voix et je suis un peu comme lui et d’ailleurs c’est grâce à ça que j’ai pu auditionné pour faire la voix, puisqu’il ne pouvait plus le faire, la voix d’Hercule Poirot et c’est moi qui ai pris la succession et j’étais très très fier, bon bien sûr j’ai auditionné, mais on s’est aperçu que ma voix pouvait tout à fait coller non pas à celle de Roger Carel, mais que cela pouvait tout à fait correspondre au personnage.

Donc non je ne pense pas que cela est un frein et d’ailleurs je suis très reconnaissant d’avoir fait Dragon Ball, ce n’est pas du tout un handicap pour moi, je suis très content de l’avoir fait et je pense que beaucoup de gens me reconnaissent là-dedans, il se dise ''ah oui c’est lui qui a fait ça'' et d’ailleurs au fond dans Dragon Ball j’ai fait Piccolo et Freezer, mais j’ai aussi fait la voix de Babidi et Oolong qui sont des rôles tout à fait différents, donc non, je ne crois pas avoir été enfermé là-dedans.

Image d'Eric Legrand, Brigitte Lecordier et Philippe Ariotti

Est-ce que vous vous souvenez de votre première journée de doublage pour Dragon Ball ? En France, ce n’était pas forcément connu, du coup ça vous a fait un choc de voir ces images parce que c’était particulièrement violent ?

Oui c’est assez violent, mais alors les scènes trop violentes d’abord elles étaient coupées, on voyait ce qui allait se passer et ce qui n’allait pas passer dans le Club Dorothée puisque c’était pour les enfants, contrairement au Japon où ces dessins animés sont pour les grandes personnes. Alors comme c’était Dorothée qui achetait ça c’était pour les enfants et s’il y avait des scènes violentes ou un peu olé olé, là on savait que ça allait être coupé. Alors pour répondre à votre question, la première fois que j’ai doublé Dragon Ball, je ne savais pas trop ce que c’était, j’avais très peu l’habitude de faire des dessins animés japonais, j’avais juste fait « Sab Rider », c’était un dessin animé qui n’a pas eu énormément de succès j’étais très content de le faire et Pierre Trabaud, qui dirigeait la série Dragon Ball, m’a dit ''est-ce que tu voudrais entrer dans cette série, il y a un acteur qui peut plus faire'' et me dit encore '' tu verras ce que c’est''.

Je suis rentré là-dedans et j’ai commencé par Oolong justement et c’est un cochon alors j’ai pris une voix un peu comme ça :

(il sort des phrases avec la voix du personnage)

Et ça collait très bien, du coup j’ai fait Oolong (rire)

Et puis alors là-dessus est venu Piccolo, donc ça été ma voix à peu près normale, et puis est venu Freezer, c’étaient des rôles un peu plus récurrents, permanent alors je me suis habitué à ça et puis une fois très longtemps après est venu Babidi. Alors il se demandait à qui ils allaient donner le rôle et moi j’avais déjà joué le rôle de méchant, mais il fallait prendre une voix plus aiguë et comme j’avais fait du chant, même beaucoup de chant, je savais donc placer ma voix d’une façon spéciale alors j’ai fait comme ça :

(il parle avec la voix de Babidi).

Et c’est comme cela que je me suis retrouvé avec tous ces rôles.

Image de Piccolo, Oolong, Freezer et Babidi dans Dragon Ball Z

Comment avez-vous pris votre popularité actuelle liée à votre travail sur Dragon Ball puisque ça fait déjà quelques années que les jeunes, enfin les trentenaires vous suivent ?

On s’est aperçu quand même assez vite, bien sûr il a 30 ans il n’y avait pas Internet, il n’y avait pas tous les réseaux sociaux, il n’y avait pas tout ça et on était un peu dans l’anonymat, mais il y avait quand même le Minitel (rire) et on savait que Dragon Ball, bon on ne connaissait pas les audiences puisqu’il n’y avait pas la Médiamétrie comme maintenant, mais on savait quand même que Dragon Ball était un gros succès. Je regardais de temps en temps et je voyais qu’il était toujours les premiers, il y en avait à peu près une dizaine et Dragon Ball était toujours en tête et un jour un journaliste de JoyPad est venu au studio et a interviewé le directeur artistique et un ou deux comédiens dont moi et quelques jours après l’article j’ai reçu des dizaines de lettres de gens.

Je me suis dit ''Ah il y a quelque chose'', cela devait être en 91/92 et j’ai dû le faire jusqu’en 97, il y eut les films aussi qui ont été aussi un joli succès. La série s’est arrêté pendant quelque temps et puis après, bon il y eut l’épisode de Dragon Ball GT, mais je n’étais pas dedans. Par contre en 2011, cela fait quand même sept ans, on m’a appelé, on a appelé tous les anciens comédiens et on nous a proposé de doubler Dragon Ball Z Kai, c’est un peu la même chose que Dragon Ball Z, mais un peu plus compressé. On a tous dit oui et c’est comme ça qu’on a fait à peu près une centaine d’épisodes.

Et c’est là où on m’a demandé, Dragon Ball je l’avais un peu oublié, bon j’ai encore quelque VHS (rire) donc avant d’accepter j’ai regardé quand même si j’étais encore capable de faire ça et j’ai vu que ma voix n’avait pas encore vieilli j’ai donc fait Dragon Ball Z Kai entre 2011/2012 quelque chose comme ça et puis il y a eu Dragon Ball Super maintenant, il y a 131 épisodes, je crois et ont en a doublé 78 pour le moment, mais je ne suis pas dans tous les épisodes.

Et puis ensuite il y a un film en préparation.

Et puis on voit vraiment la popularité de Dragon Ball aujourd’hui, l’année dernière j’étais à Paris j’étais invité au concert Dragon Ball au Grand Rex, ils donnaient une représentation et ça a tellement marché qu’ils ont mis une deuxième représentation, je suis resté les deux fois, il y avait un orchestre extraordinaire, un chanteur qui venait du Japon, à la fin je suis monté sur scène, c’était formidable et je m’aperçois de la popularité immense de ce manga mythique

Après Dragon Ball, vous avez aussi doublé Le Grand Moineau dans la série Game of Thrones ?

Oui absolument et j’étais très content parce que c’est un acteur que je trouve formidable qui s’appelle Jonathan Pryce, c’est un acteur très connu anglais et j’ai la chance de le doubler dedans, qui est un rôle dans cette série tout à fait intéressant puisque c’est un salaud, un horrible personnage (rire), mais qui est excellent et j’ai également doublé cet acteur dans un film sur la vie des sœurs Brontë (sortie le 18 mars 2017) et il est même question qu’il joue le Pape François avec Anthony Hopkins qui jouera Benoît XVI et j’espère que ce sera moi qui aurai l’honneur de le doubler.

Eh bien sur le fait de doubler Hercule Poirot a été une grande récompense pour moi, d’avoir été choisi pour succéder au grand Roger Carel.

Le Grand Moineau

Vous êtes avant tout un acteur, mais pour un film ou une pièce de théâtre on reçoit un scénario à l’avance alors que pour le doublage non. Comment est-ce qu’on se prépare physiquement, au niveau de la voix, à doubler une série ou un film ?

Il n’y a pas tellement de différence, il y a moins de différence qu’on croit. Il y en a qui n’aime pas ça, il y en a qui ont du mal, moi j’aime bien me coller à des personnages très différents, à composer.

Vous savez, il n’y a pas tellement de recettes on arrive, on voit le personnage on l’écoute, on l’écoute bien, on commence par écouter, on écoute la VO, le directeur de plateau nous donne un résumer. Il vous parle de votre personnage, comment il est, quel est son trait de caractère, son évolution et après vous passer aux travaux pratiques, vous écoutez la scène, une fois, deux fois si nécessaire et après vous le faites, si ça ne va pas et bien vous recommencez, si vous vous trompez si cela ne vous convient pas et vous le refaites jusqu’à ce que ça soit le mieux possible.

Combien de temps dure en moyenne la préparation d’un épisode ?

Eh bien ça dépend, c’est assez difficile à dire, dans le temps on doublait tous ensemble, c’est-à-dire les six ou sept personnages on les doublait pratiquement tous ensemble et parfois on jouait quelques petits rôles en plus.

Maintenant c’est différent, on est convoqué un à un pour gagner du temps et on enregistre notre rôle et ensuite les autres viennent pour enregistrer leur rôle

Il m’arrive de venir pour enregistrer sur plusieurs épisodes, il y a quelques années, dans la journée on tournait à peu près quatre à cinq épisodes et maintenant on en fait davantage, par exemple pour Dragon Ball Z Kai en une journée j’ai dû faire huit ou neuf épisodes. Pour les combats entre Piccolo et Freezer, je tournais d’abord avec la voix de Piccolo et ensuite je passais à la voix de Freezer.

Et c’est pour ça que sur toute une journée c’est très très crevant.

Vous avez un entraînement vocal avant les prises ?

Oui, je fais des vocalises, de la diction, beaucoup, comme si on allait à un concert, même si un concert de chant demande plus d’énergie, j’ai fait beaucoup d’opéra, d’opérette et heureusement, car cela m’a beaucoup servi et comme j’ai l’habitude de parler fort aussi, je n’ai pas de très fortes voix, mais j’ai un coffre qui peut permettre de porter ma voix grâce au théâtre.

Dragon Ball Super se termine, il va y avoir un film à la fin de l’année, quels sont vos prochains projets ?

J’en ai pas mal, j’en ai même beaucoup, on vient de me demander pour un autre manga et aussi dans une série culte qui s’appelle Martin Matin que les enfants connaissent bien, beaucoup de projets de théâtre et j’ai en projet de tourner un court-métrage important et je viens d’enregistrer un disque pour enfants (histoire audio), j’aime beaucoup faire ça.

Avez-vous dans l’idée de créer une pièce de théâtre ou opérette ?

J’aimerais beaucoup, mais c’est difficile, car cela demande beaucoup de travail et surtout beaucoup d’argent, mais j’aimerais beaucoup, j’ai des idées (rire).

Une opérette sur Dragon Ball Z (rire)

Pourquoi pas ! (rire)

>>> Le doublage de Dragon Ball Z


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